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La quête du désert

Page 5 mise à jour le 16 décembre 2015

Guy DENOEL

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Les Poissons du Sahara - page 5

 

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Alnif

Alnif entourée de ses vieilles montagnes Alnif est un gros village du Haut Atlas situé au bout d'une plaine entourée de hautes montagnes. Géologiquement, ce sont de très vieux monts.
- Au Nord d'Alnif, le djebel Saghro aux roches datant du Précambrien et du Cambrien, de 500 à plus de 600 millions d'années d'ici. Les plus anciennes de ces roches sont apparues aux fond d'un océan bien avant l'explosion de la vie sur la planète.
- Au Sud d'Alnif des montagnes datant de l'Ordovicien et du Silurien, à l'époque où poissons primitifs et trilobites règnaient en maîtres dans les mers bien avant la sortie de la vie de l'eau, 200 millions d'années avant l'entrée en scène des dinosaures ou encore 350 millions d'années avant l'ouverture de l'océan Atlantique et la séparation des continents Amériques, Europe et Afrique.
- La région recèle gisements et mines d'or, argent, fer, cuivre éparpillés au bout de pistes plongeant dans le dédale des monts.

Une piste dans le plateau d'Alnif Tous ces chiffres peuvent sembler aussi impressionnants mais tout aussi vagues que les montagnes à l'horizon de la piste que vous voyez sur la photo ici à droite. Elle s'enfonce à travers le plateau d'Alnif tapissé de molasses pour traverser plus loin les montagnes du djebel Tiskaouine et rejoindre les villages enclavés une centaine de kilomètres plus loin.

Aucune route carrossable ne mène là-bas, ni d'ici ni d'autre part !

Alnif une petite ville saharienne Alnif est une petite ville saharienne poussièreuse comme la plupart de celles-ci, mais vous l'avez compris, c'est un paradis pour géologues, minéralogistes et paléontologues.
La partie récente du village, comme c'est la coutume, entoure une large avenue bordée de bâtiments administratifs, écoles, et casernes tandis que la partie plus ancienne est formée de bâtiments plus ou moins hétéroclites enserrant l'étroite rue arrivant d'Erfoud.
Un souk et un dédale de ruelles en terre battue complète le paysage. On y trouve des habitations mais aussi des minuscules commerces, épiceries, boulangeries, légumes. Vendeurs de Gsm et multiples téléboutiques ont ici autant de succès qu'en Europe.
Disséminés autour du noyau urbain, des chemins de terre s'enfoncent dans la palmeraie vers des habitations dispersées dans la nature.
La palmeraie d'Alnif est en assez mauvais état, à part quelques cultures visibles depuis la route. La pluie n'est plus tombée depuis 4 ans et les nappes phréatiques sont au plus bas. Alors que les puits atteignaient l'eau à 10 mètres de profondeur, il faut descendre à présent à 80 mètres.
Sans surprise, comme on le voit ici, sacs et flacons plastiques s'accumulent sans état d'âme au gré des espaces vides sous les palmiers.

La forge et le ferronnier Les artisans disparus chez nous depuis bien des années continuent à prospérer ici comme dans tous les villages du Maroc profond. En sus d'un taux important de pharmacies et autres minuscules commerces de friandises, bonbons et cigarettes à la pièce ou triangles de fromage fondu, on y retouve par exemple la forge et le ferronnier du village travaillant à même la rue.
La fabrication de jolies portes métalliques est un standart de tout village marocain. Non seulement le travail du fer se passe à même la poussière, mais également les travaux de peinture. Ceux-ci réalisés au pistolet en plein air, prenez garde d'avoir prévu de ne pas stationner votre voiture sous le vent ! (Ou encore d'avoir choisi la table en terrasse en fonction de l'éventualité).

La menuiserie d'Alnif Le menuisier aussi reste une constante dans chaque village et les meubles sont tous construits sur commande, fabriqués aussi à même la rue et non pas livrés dans des commerces ou supermarchés du meuble comme en Europe.

Mais ce qui caractérise plutôt Alnif c'est le nombre de commerces de fossiles dont les fameux trilobites dont je vous parlais plus haut.
Ces arthropodes disparus totalement au permien il y a 250 millions d'années ressemblent à un court mille-pattes, un cloporte ou encore une limule bien qu'ils en soient très éloignés. Ils ont dominé la vie marine pendant plus de 200 millions d'années et servent de marqueurs géologiques vu leur large couverture des océans et leurs diversités de formes à travers les âges. Leurs carapaces blindées se sont très bien fossilisées pour traverser les millénaires et certains exemplaires atteignent plus de 70 cm. Fort jolis, ils sont très prisés par les collectionneurs.
Comme partout au Maroc, il est très facile d'entrer en conversation avec quelqu'un et je ne tarde pas à deviser avec un géologue local dont l'échoppe est spécialisée dans ce type de bestioles et qui n'hésite pas à me donner des tuyaux sur les lieux de récolte.

A la terrasse de l'Etoile du Sud La terrasse de l'Etoile du Sud, un petit resto que vous ne pouvez manquer en approchant du centre d'Alnif en arrivant de Rissani est un must. Arrêtez-vous même si vous n'avez pas faim et à n'importe quelle heure de la journée, demandez brochettes, salade locale et surtout des frites...
Les pommes de terre d'Alnif ont parait-il une réputation à toute épreuve. J'ignore si cela est vrai mais je peux témoigner avoir chaque fois, lors de mes multiples passages, pour quelques euros, y avoir mangé les meilleures frites de ma longue vie...
Je suis belge, donc grand connaisseur c'est tout dire !
Outre la saveur des omelettes berbères et autres régals, Ihocine et Mohammed sont de vrais représentants de ce Maroc adorable où on sait encore faire bon accueil à l'étranger voyageur. N'hésitez pas à prolonger votre repas avec eux autour d'une tasse de thé à la table de la terrasse. Vous apprendrez un tas de choses sur la région et plus que tout, vous redécouvrirer ces valeurs humaines que l'Europe a hélas perdues. Merci Mohammed, merci Ihocine.

Kasbah Météorites Alnif possède 4 hébergements possibles. L'hôtel Kasbah Météorites est sans discussion notre choix depuis toutes ces années. Etablissement confortable il est composé d'une série de chambres de plain-pied entourant une piscine et un jardin fleuri. Situé en plein désert à 12 km d'Alnif sur la route de Tazzarine, outre son atout et son restaurant, c'est surtout la nuit que vous découvrez le charme de l'endroit. Outre le silence absolu qui vous fait redécouvrir le murmure du vent, c'est un ciel nocturne totalement disparu d'Europe qui vous ensorcelle. Il est probable que peu d'entre vous aient jamais aperçu la Voie Lactée au mieux que comme une simple trainée brumeuse. Là, le ciel fourmille d'étoiles au point qu'il vous sera difficile de retrouver la Grande Ourse ou Cassiopée ou l'étoile polaire. Ici, notre galaxie illumine littéralement la voûte céleste vous baignant dans une clarté magique. Attention toutefois aux nuits de pleine lune, l'éblouissement de l'astre combiné à la noirceur des zones d'ombre projetées sur le sol, pourrait vous amener à rater une marche ou le bord de la piscine... On a beau être en Afrique l'eau est froide !

Les montagnes à trilobites à une dizaine de km de piste Les terrains susceptibles de contenir des trilobites sont bien loin de la route et les pneus et amortisseurs de la Yaris ne résisteraient pas aux pistes y menant ; notre stoïcisme non plus d'ailleurs ! Mais demandez à l'Etoile du Sud, Ihocine ou Mohammed vous indiqueront une montagne proche où moyennant une petite demie heure de marche, vous pourrez récolter aisément des restes de bêbêtes et, avec un peu de chance, un trilobite intact.
Cependant, la plupart de ces eldorados à fossiles ou à minéraux décrits dans les guides touristiques ou renseignés par les locaux, professionnels ou non, ont été visités à de nombreuses reprises de sorte que trouver facilement de belles pièces libres de leur gangue est fort aléatoire. L'extraction de celle-ci est délicate et réservée au professionnels ou aux plus habiles -J'ai essayé et: bof... - Vous pourrez toujours plagier Antoine de St Exupéry avec sa caisse à mouton et méditer plus tard sur la boule de pierre en imaginant l'animal lové dedans !

Nous partons explorer des collines plus proches De longue date, mon postulat est qu'il faut se diriger là où personne ne songe aller pour avoir une chance de faire des découvertes intéressantes. L'herbe toujours plus verte dans le pré du voisin étant le réflexe de la plupart des chercheurs et bien que la végétation soit plutôt maigre par ici, nous, nous optons tout simplement pour des zones pas trop éloignées de la voiture.
Les indigènes sont fort peu intéressés par les matières que nous apprécions, quant à la quasi totalité des "amateurs de désert" ils suivent les mêmes pistes sempiternelles pour explorer ce que leurs milliers de prédécesseurs ont parcouru avant eux.

Le trésor devant naturellement être toujours bien caché et dissimulé au bout de nulle part, personne ne songe à regarder le long de la route... Moi bien !

Chasse géologique Amateur de grande randonnée depuis la trentaine, j'ai compris depuis longtemps qu'on ne peut vraiment connaître que ce qu'on parcourt au rythme de ses pas.
Lors d'un arrêt, Solange détecte un minuscule fragment de citrine, une pierre semi-précieuse, dans les cailloux et nous abandonnons la voiture en bord de route à une vingtaine de km d'Alnif.
Nous suivons le lit d'un oued qui s'enfonce entre deux hauts massifs montagneux de teinte noirâtre. Nous avançons au hasard, les yeux rivés sur les cailloux du sol, examinant de temps à autre le flanc de la montagne pour tenter de la déchiffrer. Les roches noires ont désespéramment le même aspect.
Je me dirige vers un éboulis et bingo ! Le sol est jonché de minuscules aiguilles de cristal de roche limpide.

Cristaux de roche limpides Pris de la fièvre du chercheur d'or, le coeur battant, nous passons chaque mètre carré de l'ébouli au peigne fin et outre les aiguilles assez menues, nous récoltons une poignée de fort beaux cristaux de roche de belle taille.
Malheureusement, nous ne découvrons que d'autres minuscules aiguilles de citrine ou des fragments sans intéret. La valeur de ces découvertes est bien sûr sentimentale car le cristal de roche et la citrine bien que décrits comme pierres semi-précieuses ont peu de valeur vu leur relative abondance dans le monde. En ce qui me concerne, c'était la toute première fois de ma longue vie de minéralogiste amateur que je découvrais de si beaux exemplaires autre part que dans des bourses minéralogiques et l'appelation eldorado utilisée plus haut n'est pas pour nous un vain mot.

Une grande structure circulaire en forme de 8 Escaladant l'ébouli tandis que Solange poursuit sa chasse au trésor, je tombe sur une grande structure circulaire. Il s'agit de deux cercles se rejoignant en forme de 8.
L'orientation est Nord - Sud, les murets de 60 à 70 cm de haut sont tout à fait insuffisants pour matérialiser un enclôs pour des animaux, quant à la taille des cercles, il est difficilement concevable d'y voir là des restes d'habitation.
Les moellons n'ont pas été récoltés sur le sol lui-même mais proviennent d'un lieu plus éloigné, ce qui, vu leur taille et leur poids, (particulièrement pour les plus gros à la base) représente un travail fort conséquent que j'ai difficile à concilier avec les soucis des chèvriers nomades actuels. L'intérieur des cercles a été soigneusement débarrassé des pierres gênantes et dans l'alignement, on remarque dans le mur des pierres nettement plus importantes que les autres. Les cercles sont parfaitement fermés et aucune entrée n'a été pratiquée dans le muret.

Un oued longe la colline Nous remarquons d'autres constructions et curieusement, si elles suivent une crête de colline ondulant comme un serpent du Nord au Sud en suivant l'oued plus bas dans la vallée, ces structures sont parfaitement dissimulées à la vue d'un passant suivant l'oued.
Vers le Sud, la plaine aride parsemée d'acacias s'étend à l'infini et un observateur perché sur cette crête peut observer l'arrivée d'un visiteur de très loin sans que celui-ci puisse le détecter.

Des petits cercles ceints de hauts murs Pourtant, aucune trace d'un village ou d'une habitation, à l'exception peut-être d'un repli de montagne qui porte encore la trace d'une source depuis longtemps asséchée.
Les tumulus se succèdent pratiquement alignés les uns aux autres vers le Sud. Nous découvrons ces espèces de petits cercles, comme des margelles de puits qui n'auraient pas été creusés et dont les murets s'élèvent à un mètre de hauteur. Encore une fois ici, pas d'ouverture permettant d'y enfermer un animal ou de loger un humain, l'espace intérieur est bien trop exigu ! Il s'agit de toute évidence de tombes ainsi que les tumulus et/ou de monuments cultuels. L'alignement Nord Sud, ne parait pas plaider pour des constructions islamiques mais bien antérieures.
Je découvre quelques fragments de silex taillés, mais trop peu à mon avis pour que cet endroit ait été un lieu d'habitations. On trouve généralement plus de traces de pierres taillées dans les anciens lieux de vie.

La recherche se poursuit Nous poursuivons les découvertes de ces divers monuments sur près d'un kilomètre et demi, toujours en suivant la même direction générale.
Lorsque plus tard, au village et à l'hotel, nous avons évoqué ces étranges structures nous n'avons évoqué que très peu d'intérêt.
Il nous fut suggéré par exemple une pratique berbère consistant à tracer un cercle sur le sol pour symboliser une mosquée pour prier là où le hasard du troupeau l'amenait.
Les alignements astronomiques eux, nous étaient expliqués par les instructions du Coran et l'ignorance des nomades de situer sans boussole les directions sacrées. Bof !

Un nouveau double cercle en 8 Ma suggestion de constructions, funéraires ou rituelles, pré-islamique ne semblait rencontrer aucun intéret comme si le sujet était un non-sens. Un vieil instituteur nous expliqua même avec force détails qu'il s'agissait là sans aucun doute d'enclôs destinés à fabriquer du fumier bio par les nomades (!)
Ici sur la photo, un autre double cercle en 8 construit sur le flanc de colline suivant la pente, et non comme ce l'aurait été logiquement pour une construction rationnelle quelques mètres plus bas sur un sol horizontal.

L'appareillage des pierres de construction est particulier Ainsi que vous le constatez sur le zoom photo effectué sur ce dernier 8 afin d'appréhender les détails, la taille des rochers constituant les murets est non négligeable et de plus, l'appareillage des pierres du mur est particulier.

Sur de nombreux pans de mur, les moellons ne se superposent pas horizontalement mais sont imbriqués l'un sur l'autre en oblique.

Nous suivons la crête qui ondule vers la plaine La longue crête ondulante que nous suivons s'incline de plus en plus et après la dernière ondulation disparait sous la vaste plaine comme le montre la photo. Les derniers monuments n'iront pas plus loin.
Le dernier 8 que nous rencontrerons à cet endroit est fort particulier. Alors que les deux cercles des monuments précédents étaient de tailles équivalentes, ici un grand cercle formé d'un bas muret est accolé à un autre cercle nettement plus étroit mais avec des murs de près de 2 mètres de haut.

Encore une structure à 2 cercles mais celle-ci est particulière En s'approchant, on se rend compte que ce qu'on prend de loin pour un petit cercle est en fait une structure carrée percée d'une ouverture. A l'intérieur de la structure carrée, des pierres beaucoup plus importantes semblent marquer des endroits de prédilection du mur. Au milieu du grand cercle, trône une énorme pierre. Un autel ?

Avec beaucoup d'ironie nous évoquons un appareil de tenderie à rhinocéros...

Nous découvrons des travaux miniers Quelques centaines de mètres plus loin, c'est une ancienne tranchée profonde que nous découvrons.
Des tas de stériles sont disposés ça et là, indiquant qu'il s'agissait d'une ancienne exploitation de minerai. J'en retrouve quelques morceaux abandonnés. Le poids spécifique est fort important, il me semble qu'il s'agirait là de barytine, un minerai de baryum. La tranchée grimpe sur le flanc de la montagne pour se perdre par delà la crête. Manifestement on y a suivi un filon de minerai.

Des traces de l'exploitation minière sous forme d'un panier Dans le fond de la tranchée je remarque un panier en osier qui manifestement servait à la remontée du minerai en surface.
La région d'Alnif est truffée de gîtes de minerais divers et on y exploite semblerait-il une importante mine de fer.
Des mines d'or, d'argent, de cuivre et de plomb auraient été actuellement abandonnées depuis quelques dizaines d'années mais me fut-il expliqué des recherches seraient encore en cours et une reprise des exploitations comme dans la mine de Bou Azer ne serait pas à exclure.

Une dernière structure découverte, carrée cette fois

 

Avant de quitter ce lieu de découverte, nous nous arrêtons devant cette dernière structure quadrangulaire cette fois et en moellons encore plus massifs que les autres.

Un village fantôme fortifié En retournant vers Alnif, nous marquons un arrêt pour photographier les ruines de cet ancien village fortifié érigé sur la crête de la montagne surplombant un oued et une palmeraie. Elles me rappellent certaines peintures de Ernst, un de mes peintres préférés.

Sur la photo suivante, un peu plus bas, une piste parmi d'autres quitte la route goudronnée et s'enfonce dans le paysage. Alnif est un point de passage des pistes empruntées par les motards et amateurs de quads sillonnant le circuit touristique Marrakech, Ouerzazate, Zagora, Erfoud. On rencontre régulièrement des groupes se restaurant dans le centre d'Alnif.

Une piste quitte la route et s'enfonce dans le paysage La dernière fois que nous sommes passés ici, une dizaine de motards français se restauraient à la terrasse de l'Etoile du Sud.
Comme la plupart des randonneurs de désert motorisés, ils n'étaient guère affables et nos formules de politesse restèrent parfaitement ignorées. Seuls les locaux répondaient de bon coeur à nos salutations en français.
Ces motards voyageaient dans le cadre d'une organisation Les motos, des tous-terrains légères bien appropriées, 125 ou 175 cm3, étaient identiques, louées selon toute vraisemblance au même organismes. Deux jeeps et un petit camion équipé pour transporter des motos les accompagnaient.
Le repas terminé, seuls 5 des 6 motards reprirent leur machine et malgré les encouragements des autres le cinquième déclina l'invitation de poursuivre. Homme + moto prirent place sur le camion balai. Bien que les grandes gueules roulaient des mécaniques, ça ne semblait pas s'être fort bien passé !
Le désert et les pistes c'est comme ça... mieux vaut se montrer modeste et bien mesurer ses forces car parfois ça se passe vraiment très mal comme j'ai eu l'occasion de le vérifier à plusieurs reprises. Ici, l'aventure se terminait simplement en un mauvais souvenir... cela aurait pu être pire !

Nous dénichons encore 2 autres sites énigmatiques Lors de nos deux séjours à Alnif, nous avons pu découvrir deux autres sites préhistoriques de campements et de monuments funéraires. Chaque fois nous avons retrouvé alentour des silex taillés bien que relativement peu d'outils dans les monuments eux-mêmes. Nous présumons donc qu'ils datent de plusieurs milliers d'années. Vraisemblablement en ces temps lointains où les précipitations transformaient les alentours des oueds et les plaines en savanes verdoyantes avant que la grande sécheresse transforme à nouveau le Sahara en désert.
A Alnif, nous n'avons malheureusement pas trouvé de gravures. Difficile de dater des constructions quand l'aridité du climat évite les altérations dues au temps qui passe.

Schistes verts du Cambrien Nous avons aussi abordé la vaste vallée en direction de Tazzarine et Agdz. Une fois encore le défi est immense et nous n'avons fait qu'effleurer la plaine en nous aventurant à peine à sur le rebord des massifs de schistes verts témoignant des origines précambriennes. Nous avons découvert au pied de ces monts quelques pierres taillées, des anneaux d'orthoceras et des oeufs de pierre bizarre, formés de couches minérales empilées comme des pelures d'oignons.
Je les ai baptisés par plaisanterie "oeufs de dinosaures", mais ce ne sont tout simplement que des restes de cténophores (groseilles de mer) ou de spongiaires datant du paléozoïque, moins célèbres mais tellement plus vieux que les dinos !

L'oued creuse les sédiments de la vallée tunnel L'immense vallée entre les djebels Saghro et Tiskaouine fut creusée par les glaciers il y a 350 millions d'années quand la calotte glaciaire couvrait ces montagnes du vieux continent Gondwana. Ces glaciations furent consécutives à la proximité d'alors du Maroc actuel avec le pôle Sud, la dérive des continents ayant amené l'Afrique là bas, ainsi que probablement un refroidissement mondial du climat tel que l'hypothèse de la planète boule de neige.
Par après, d'autres périodes glaciaires ont charrié bien des débris des montagnes avoisinnantes, comblant lentement le fond de la vallée de sédiments comme cela se poursuit à l'heure actuelle.
Dans le lit de cet oued, parmi les quartzites et des galets de granit témoignant d'un charriage très éloigné, je découvre des galets d'olivine.
Cette roche magmatique n'a pu gagner la surface de la terre que par une cheminée volcanique... où donc se trouve ce vieux volcan ?
Le plus proche, le Siroua, se trouve à 300 kilomètres d'ici et est apparu il y a à peine 11 millions d'années.
Une paille dans l'histoire d'Alnif, à peine un embryon...

Un dernier regard de regret sur cette piste que nous ne pourrons parcourir Peut-être se cache-t-il au bout de cette piste ?

Nous quitterons la région demain.

 

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