Retour Page d'accueil de Chemin de Lune

( Récit partiellement mis à jour le 01 février 2017 )

Guy DENOEL

Contact par mail via l'adresse : chemlune@yahoo.be

Pour atteindre directement une page en particulier cliquez : page 2 ... p 3 ... p 4 ... p 5 ... p 6 ... p 7 ... p 8 ... p 9 ... p 9a ... p 10 ... p 10a ... p 10b ... p 11 ... p 12 ... p 13 ... p 14 ...p 15 ... p 16 ... p 16a ... p 17 ... p 17a ... p 17b ...

ou vers : SOMMAIRE des pages.
ou vers : REPERTOIRE par noms.

 

Les Poissons du Sahara page 1

La quête du désert

Clic vers page 2Flèche page suivante

 

 

page 1

Cliquer sur les photos pour les agrandir
(et sur les liens bleus qui vous conduiront à d'autres photos)

Avertissement

Pour des raisons d'encombrement des pages de ce récit, je n'ai pu placer toutes les vignettes des photos d'illustration dans la page elle-même. Vous pourrez atteindre ces photos particulières en cliquant sur les liens bleus écrits dans le texte tels que ce lien ci. Merci de bien vouloir m'en excuser.
 
Pour accéder directement à un point particulier, ville, région, coutume, conseil etc... vous trouverez à votre disposition un index des termes en cliquant sur Répertoire ainsi qu'un index des pages-chapitres en cliquant sur Sommaire. Vous pouvez aussi cliquer directement en tête de cette page d'accueil sur une page choisie dans la liste.
Le retour au site Chemin de Lune se fera en cliquant sur un lien tel que Retour page d'accueil de Chemin de Lune
Veuillez noter que le site est dynamique et se construit, se corrige et se complète continuellement au fur et à mesure de nos découvertes récentes !)

Pour les lecteurs ayant déjà parcouru le site précédemment:

En cette mi-août 2016, Solange et moi sommes de retour de 3 nouvelles expéditions de 2 mois chacune dans les déserts du Grand Sud marocain et du Sahara. Expéditions émaillées de péripéties qui nous ont amenés à objectiver une trentaine de ces gigantesques structures préhistoriques que nous avions précédemment soupçonnées ainsi qu'une multitude de gravures pariétales. Nous avons également effectué de nouvelles découvertes paléontologiques, telles qu'un crâne de stégocéphale (tétrapode, espèce d'amphibien âgé de +/- 350 millions d'années et ressemblant à un crocodile), de nouvelles traces d'habitations préhistoriques et hélas aussi, nous avons expérimenté la traversée d'oueds en crue avec notre voiture transformée en "Toyota Yaris amphibie" lors de ces terribles inondations du Sahara et des Atlas qui firent hélas plus de 50 morts en 2014.
D'ici quelques temps, vous voudrez bien trouver ci-après les photos et récits de nos pérégrinations de 2014, 2015, 2016 ainsi que de nouvelles régions surprenantes de ces déserts.
Déjà, vous pourrez vérifier les nouvelles pages éditées en suivant les liens ci-après à mesure de leur mise en ligne : ... Icht p 10a ... Icht (région) p 10b ... Assa Tiglid p 14 ... La crue p 15 ... Tata p 9a ...Tan Tan et Smara p 16 ... El Ouatia, Msied p 16a ... Akhfenir p 17 ... Akhfenir p 17a ...

Introduction

Moi

Ce titre est en relation directe avec mes découvertes de ce milieu particulier que je fréquente depuis une dizaine d'années. Au fur et à mesure de mes visites, l'idée que je m'en faisais fut sévèrement bousculée et mes certitudes remises en question entraînant évidemment une remise en cause philosophique de notre perception particulière du monde. La découverte de poissons dans de minuscules flaques d'eau au fin fond de ces terres arides ne fut qu'un des déclencheurs de mon intérêt pour le désert parmi bien d'autres. De nombreuses autres étrangetés et anachronismes m'y ont encore interpellé comme vous le verrez plus loin.

Amis pêcheurs, pardonnez-moi donc si je vous ai appâtés avec le mot poisson et vous, profanes qui rejetez l'art de taquiner le goujon, n'ayez nulle crainte, je n'ai nulle intention de vous présenter un catalogue d'ichtyologie. Depuis bien des années je me suis interrogé sur cette fascination du désert que je ressens profondément. La première question étant bien évidemment, c'est quoi le désert ? Vaste question qui pourrait nous mener des steppes de la toundra à l'Antarctique en passant par le Sahara et c'est précisément de celui-ci que je voudrais vous parler. Je n'ai pu encore y répondre et si j'écris ces lignes c'est sans doute à moi-même que je m'adresse pour résoudre mes interrogations.

La découverte des populations d'un autre temps, d'une civilisation en voie de disparition, un musée géologique à ciel ouvert n'ont pas été nos seules découvertes lors de nos pérégrinations. Les traces du monde oublié de la préhistoire nous ont accompagnés tout au long des milliers de kilomètres que nous avons parcourus dans les déserts :
Ant Chbika Ici c'était des galets aménagés abandonnés par nos ancêtres il y a plus d'un million d'années, plus loin des bifaces, des pointes de flèches de milliers d'années, des gravures sur roche exposant rhinocéros et éléphants quand le Sahara étaient savanne luxuriante. Là, nous trouvions des villages paléolithiques oubliés mais surtout de mystérieux monuments dont certains, telles ces "antennes" tracées sur le sol, parfois d'une envergure de 400 mètres d'ouverture sont difficiles à déceler pour un observateur terrestre et totalement inconnus par les populations actuelles. Je ne parlerai guère maintenant de ces énormes structures souvent accompagnées d'un tumulus car plusieurs voyages sont encore nécessaires pour reconnaître soigneusement celles que nous avons pu objectiver. Géologie, minéralogie, archéologie, paléontologie, le désert est un véritable bac à sable pour grands enfants.

Le récit ci-dessous sera forcément décousu car mon but n'est pas de vous présenter le rapport précis d'un voyage particulier mais de vous conter la vision que je me suis forgée des déserts marocains lors de mes multiples périples. Vous faire suivre un fil d'ariane touristique n'est pas mon but, mais peut-être cela pourra vous inciter à faire votre sac (Pas trop volumineux, les vols low-cost limitent généralement à 15 kg par passager) et à prendre la piste du rêve que j'ai vécu éveillé maintes fois.

NB : Après quelques jours de tâtonnement à la recherche de mes envies d'écriture à travers la présentation de cette première page et dès la deuxième, j'ai pris mon cap en évoquant un voyage. Celui-ci nous conduira à travers les monts Atlas en descendant de régions désertiques en régions désertiques jusqu'à l'ancienne cité interdite de Smara en plein Sahara et plus loin sans doute. Ce voyage nous mènera de paysages somptueux en curiosités humaines ou minérales, des fleurs du désert aux immenses et mystérieux monuments préhistoriques d'un passé oublié; un voyage dans l'espace et le temps...

Le sable

Erg Chebbi La première image quand on évoque le désert, c'est le sable et les dunes. Ce n'en est pourtant qu'une partie et non la plus fascinante. La plupart des touristes abordant les déserts marocains se précipitent à Merzouga pour s'immerger dans l'erg Chebbi. C'est un ensemble de dunes fort impressionnantes qui s'étend sur 110 kilomètres carrés. Sur l'image, ne vous laissez pas trop impressionner par le chamelier et la file de chameaux au repos. Ils attendent les cars de touristes qu'ils emmèneront quelques centaines de mètres plus loin dans un très confortable palace ou encore dans un complexe de tentes "berbères" bien alignées en files, sanisettes comprises, où ils pourront passer une nuit saharienne pour deux fois le prix qu'il leur en aurait coûté dans un des luxueux riads deux cents mètres plus loin.

Erg Chebbi L'inconfort relatif de ce "bivouac dans le désert" justifiera les souvenirs de l'exploit lors du retour à la "civilisation". Si les vrais, mais de plus en plus rares nomades, logent toujours dans de semblables abris de toile, plus aucun de nos jours ne se déplace encore en chameau (ou dromadaire ce qui est kif-kif), l'animal étant avantageusement remplacé par un 4x4 et si les troupeaux de camélidés sont aussi communs dans le grand Sud que les troupeaux de vaches chez nous, pareillement destinés à la boucherie, le mérahiste suit généralement à pied quand il n'est pas à la poursuite de l'un ou l'autre fuyard à vélo ou vélomoteur.

Erg Chebbi Si le Sahara se résume pour les hordes de touristes qui défilent ici de soirée en soirée à jouir d'une nuit de "bivouac dans le désert" avant de repartir sur Marrakech ou Ouerzazate, d'autres aventuriers eux, sont venus "faire du sable", selon l'expression consacrée, et patientent au bas de la dune avant de se lancer dans le gigantesque bac à sable avec leurs 4x4. Si vous jetez un coup d'oeil sur la photo de la dune, au regard des véhicules par rapport à l'obstacle, vous avouerez comme moi que l'exercice est périlleux, ensablement et/ou tonneaux au programme, mais bien encadré toutefois et peu de risque de mourir assoiffé sur les lieux de l'accident. Pour beaucoup de visiteurs, le désert commencera et se terminera ici avec pour preuve la magnifique photo de sa méharée dans l'Erg Chebbi. (L'erg désigne dans les régions désertiques une étendue de sable tandis que le reg lui est le terme pour un désert de pierres). Vous connaissez peut-être ce magnifique erg qu'est le Chebbi. En effet, plusieurs films célèbres y furent tournés : Laurence d'Arabie, la Momie etc...

Oued Ziz à Erfoud Malgré l'aspect de sécheresse extrême, il ne faut pas toutefois oublier qu'ici même le 27 mai 2006, peu après l'un de nos passages, de forts orages éclatant sur l'Atlas ont provoqué une crue soudaine de l'oued Ziz ici à droite à Erfoud qui détruisit totalement 114 habitations causant la mort de 6 personnes et plongeant 600 familles dans le dénuement.Ces inondations sont un aspect méconnu du Sahara où on trouve plus de morts par noyade que de soif. Si la pluie y est rare à très rare, les orages qui éclatent de temps à autre sont extrêmement violents. La quantité d'eau tombant en quelques minutes est très importante et l'absence de végétation et d'humus capable d'absorber ou ralentir le ruissellement conduit à un dévalement rapide des eaux. Les habitants des oasis m'ont raconté un bruit similaire au roulement du tonnerre causé par les cailloux bondissants précédant l'arrivée du flot. Le terme oued désigne un cours d'eau généralement à sec.

La pierre

Le plateau d'Alnif avec la chaîne du Saghro en arrière plan Me reviennent alors en mémoire les paroles d'une chanson sur le thème de Bruges, ma ville d'alors et son port ensablé, chanson composée par Pierre Seloz dans les années 60 : L'eau, la pierre, le sable et le vent, la nacre d'un coquillage... Ces cailloux que nous découvrons ici sur le plateau d'Alnif comme la majorité des paysages des déserts, ne sont rien d'autre que les reliefs d'une mer disparue dans la nuit des temps, en l'occurence ici plus de 400 millions d'années. Les fonds marins déformés par la poussée des continents se sont dressés en montagnes que l'usure lente des vents, des pluies, des glaciers d'un lointain passé a patiemment érodées abandonnant les débris sous forme de sable et de galets comme ici. Siècles après siècles l'éternité retourne à la poussière.

Photo de goniatites, orthoceras et brachiopodes Les témoins de ce lointain passé reposent ici figés dans la pierre, sous forme d'animaux fossiles dont les corps se déposèrent sur le fond d'une mer où ensevelis par les limons des continents usés, ils se sont mués patiemment en roche. Goniatites (nautiles du dévonien), orthoceras (céphalopodes prédateurs du paléozoïque) ainsi que des brachiopodes (coquillage quasiment disparus de la classe des vers) mêlent leurs traces ici sur ce rocher. Ce seront nos premiers poissons "fruits de mer" découverts dans le Sahara. J'en ramènerai un tronçon à mon amie gastronome Sylviane à qui j'ai promis une queue de langouste à mon retour.

Le vent

Photo Petite tempête de sable sur la route de Mhamid Parfois le vent se lève, l'horizon se voile de noir et sans crier gare une tempête de sable fouette le paysage. On comprend alors la raison du chèche, le turban bleu ou noir qui enveloppe le visage des hommes saharouis ne laissant guère apparaître que les yeux. La visibilité est de quelques dizaines de mètres tandis que les risées de sable filent au ras du bitume. Seule chose à faire pour nous, se garer sur le bas côté de la route, l'orifice du tuyau d'échappement tourné sous le vent afin d'éviter l'entrée mortelle du sable dans le moteur, et ainsi calfeutrés dans la voiture attendre que le Chergui, ce chaud vent d'Est, calme sa colère en l'espérant la plus brève possible.

Photo Petite tempête de sable sur la route de Mhamid La tempête retombe aussi subitement qu'elle est arrivée alors pour plusieurs jours parfois les paysages prennent un aspect étrange, halluciné. Ici, ce n'est pas la lune dont la lumière cendrée jette un halo sur l'oasis de Foum Zguid. Nous sommes en fin d'après-midi et le soleil descend dans la brume d'un air chargé de poussière. La tempête a fait rage toute la journée d'hier.
Si les tempêtes de sable sont loin d'être exceptionnelles, heureusement, le temps se calme généralement pour plusieurs semaines. La plupart du temps dans le courant de la journée le vent se lève au lever du jour pour retomber bientôt jusqu'au coucher du soleil, au moment ou l'astre du jour échauffe sables et rochers, créant momentanément un déséquilibre thermique permettant à l'air chaud de s'élever ou à l'air froid de redescendre, créant ainsi des turbulences atmosphériques.

Photo Une tornade évolue rapidement près de nous Généralement, de la matinée à la fin de l'après-midi le soleil pèse de toute sa fournaise sur l'ensemble du paysage dans un ciel d'un bleu implacable. C'est alors, quand midi décline qu'aux pieds des montagnes ou au creux des terrains on voit se lever des tourbillons de sable qui prennent rapidement l'aspect de tornades. Le vortex menaçant grimpe de plus en plus vite en se tordant jusqu'à plusieurs dizaines de mètres de haut tandis que la base de l'entonnoir glisse rapidement sur le terrain courant de-ci de-là comme s'il cherchait sa route. Le pied du tourbillon suce littéralement sable et poussière, des débris de végétaux spiralent. Parfois comme ici, le météore infléchit sa course et fonce littéralement sur le spectateur comme s'il avait conscience de sa présence. Le phénomène est effrayant, l'air siffle tel un serpent furieux. Je me réfugie dans l'habitacle de la voiture. Gare à l'appareil photo !

L'eau

Photo La présence quasi systématique de végétation La présence quasi systématique de végétation, même rabougrie, est sans doute ce qui semble le plus étonnant pour qui découvre les étendues sahariennes. L'image de la dune en prend un sacré coup, bien que, même dans ces mers de sable, poussent ici et là des touffes d'herbacées, des petites fleurs ou même des arbres comme vous pouvez le constater en revisitant le premier chapitre concernant l'erg Chebbi et sa photo ! Pour l'instant, nous sommes ici dans la région d'Akka, province de Guelmin-Esmara, et au loin, au delà du reg, on découvre les hauteurs de l'adrar Azougagh bordant l'oued Draa qui depuis Mhamid serpente sous les sables sur près de 600 kilomètres. Cette végétation témoigne de la présence de l'eau indispensable à la vie même en dose infime.

Photo La rose de Jericho Mais ne nous trompons pas, si la vie de bien de ces végétaux est au cran d'arrêt, d'autres sont mortes depuis longtemps mais à la première ondée transmettront leur vie passée. La rose de Jéricho que vous voyez sur la photo ci-contre a au moment de mourir resserré ses branches autour de ses graines, comme dans un poing fermé. Elles attendront parfois plusieurs années l'arrivée d'un bref épisode pluvieux pour qu'alors leurs doigts cadavériques se détendent et libèrent les graines. En quelques jours, celles-ci germeront, un nouvel arbrisseau grandira, fleurira puis mourra à son tour serrant dans ses rameaux desséchés ses descendants à venir.

Photo Traces d'un cours d'eau desséché L'eau est bien présente bien que les rares eaux courantes, descendant des neiges des sommets de l'Atlas n'atteignent qu'exceptionnellement l'océan. Hormis l'une ou l'autre violente crue décennale voire centenaire, l'eau s'évanouit dans les failles tectoniques et sous les sédiments où elle chemine patiemment centimètre par centimètre en se faufilant entre les grain de sable pour réapparaitre des années plus tard dans l'une ou l'autre mare au gré des systèmes de vases communiquants géologiques. Quand elle peut enfin emprunter une résurgence et s'étaler en mares les rayons ardents du soleil ont tôt fait de l'évaporer ne laissant d'autres traces de son passage que du sel ou comme ici les craquelures hexagonales de la boue durcie.

Photo L'eau surgit de nulle part Le miracle surgit parfois au bout d'un plateau aride et dans une déchirure de la montagne, les yeux ont peine à croire à la réalité d'un ruisseau scintillant et cascadant de rocs en rocs. L'eau apparait soudainement d'un tas de cailloux et se met à gazouiller de chute en chute, serpentant enserrée dans une étroite gaine de verdure ombragée de tamaris ou d'un bouquet de palmiers dattier. Un oiseau coloré sautille sur les galets baignés de longues algues fleuries ondoyant dans le courant. Le ru est étonnament limpide et se creuse de-ci de-là de longs bassins calmes et peu profonds.

Photo Un banc de poissons dans l'oued Maleh Et soudain quelque chose file près d'un bouquet de graminées aquatiques, de longs remous tournoyants secouent la torpeur de la flaque et un banc de barbeaux de belle taille aux yeux dorés défilent sous mon regard ébahi. Mes amis pêcheurs ne m'en voudront pas j'espère d'utiliser ce nom pour qualifier ces poissons rôdant à la recherche de nourriture. Tout au plus, la forme et la couleur m'incite à les décrire en tant que barbeaux mais je doute fortement que cela en soit réellement. Difficile à croire que ce bout de ruisseau momentané de quelques kilomètres de long naissant du sable pour retourner au sable et à cent lieues de toute eau courante puisse receler des poissons.

Photo Détail du banc de poissons Avec des ruses de sioux j'avance en me cachant derrière les buissons de tamaris qui borde l'onde et dans quelques centimètres d'eau je surprends un banc de juvéniles fouillant la vase à la recherche de succulentes larves. De toute évidence, la forme n'est pas la même, et la progession par à-coups soudains différe notablement de la nage souple des barbeaux, seuls les yeux dorés sont similaires. Etonnante une telle variété d'espèces dans un espace aussi exigu.

Photo Une libellule rouge Tantôt filant au ras de l'eau, tantôt s'élevant brusquement à la verticale pour s'immobiliser en vol stationnaire quelques secondes avant de démarrer en brefs zig-zags par dessus la végétation une libellule rouge patrouille son territoire avant de fondre brusquement sur un malheureux insecte égaré sur un rocher. Sa couleur rutilante surprend, bien différente des teintes bleu-métallique de nos libellules.

Photo Un cichlidé Un peu plus loin, un calme annonce une profondeur un peu plus importante. La rive est marécageuse tandis que le fond de l'eau s'avère vaseux. Quelques gros poissons s'aventurent aux alentours d'un trou conique creusé dans la vase d'où surgit périodiquement comme une furie un cichlidé aux larges nageoires bariolées de rouge et aux épaisses lèvres bleues. De toute évidence il défend une couvée d'alevins nichés au fond de l'entonnoir. A ma vue il monte en surface et entr'ouvre de façon agressive ses lèvres soufflant une bulle à la surface de temps à autre. Qu'il reste dans son trou puisqu'il m'indique que je suis indésirable mais avant de quitter les lieux je lui tirerai le portrait avec mon reflex.

Photo Un serpent Ici encore quelque chose bouge dans les remous du courant et un petit serpent dévale dans le calme à mes pieds. Sa tête crève légèrement la surface de l'eau et je perçois là aussi de petites bulles qui se forment juste devant sa gueule. A la différence des poissons, il semble ne pas avoir pris conscience de ma présence. Quand je bouge soudain pour trouver un meilleur angle de vue, il se rue en pleine panique sous le couvert d'un rocher. Je lui abandonne les lieux il ne correspond pas du tout à ma conception de l'amour de la faune aquatique.

Fin de la page 1, pour lire la suite du récit cliquez sur la flèche à droite ci-dessous

Page 2Photo fleche suivante

Photo fleche haut de page