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Guy DENOEL

 

Mon cheminement illustré

 

Resumé : Dans cette page, je reprends année par année, mon parcours à l'académie, du stade de novice à celui de peintre conscient de ses atouts... mais aussi de ses doutes. J'y décris le mieux possible mon évolution vers la démarche créatrice.

(Pour se rendre directement à une année cliquer sur son lien ) :
1987 - 1988 - 1989 - 1990 - 1991 - 1992 - 1993 - 1994/1995--Création détaillée d'une toile en 2002

( Cliquer sur les images pour les agrandir )

1987 : J'entre en première année peinture à l'Académie Royale des Beaux-Arts de Liège. Pourquoi cette engouement si tardif pour cet art ?
Une amie que j'accompagne à l'Académie et je prends aussitôt gout à la peinture !

D'abord nous survolons pendant quelques semaines les diverses techniques utiles et me semble-t'il nécessaires :

Photo de peinture de Guy Denoel

Tandis que la plupart de mes condisciples travaillent les motifs préparés sur les tables par les professeurs, je fais rapidement bande à part. Attiré par la couleur, j'achète des fleurs et je m'applique à transposer sur la toile les couleurs les plus lumineuses possible. A cette époque, la couleur des fleurs m'est nécessaire comme support de pensée.

Photo de peinture de Guy DenoelLes ombres aussi m'intriguent. En effet, apprendre à observer est une donnée fondamentale en peinture. Voir et Savoir sont des facettes différentes de la représentation physique ou mentale d'un objet, d'une personne, d'un événement. Nous savons tous que la neige est blanche, c'est une évidence. Pourtant, si sa couleur propre est bien le blanc, celle vue par nos yeux comprend de nombreuses autres nuances. Si vous regardez un champ enneigé sous un ciel étoilé, éclairé par une splendide pleine lune, vous pourrez voir que les ombres projetées par les arbres ne sont pas noires, mais d'un bleu profond, quant aux zones éclairées de lune, la neige prend souvent des jaunes intenses. C'est pourquoi, durant cette première année je me suis intéressé spécialement aux ombres, qui dans mes toiles d'alors occupaient plus d'espace que les objets eux-mêmes. Je m'efforçais d'y retrouver les couleurs dissimulées par le "Savoir" ancré dans mes certitudes par mon éducation au sein de notre société, et d'enfin percevoir et reproduire ce que ce conditionnement me cachait. C'est à dire enfin Voir. On retrouve cette recherche dans l'ombre portée de la rose jaune, ombre nettement plus importante que la fleur elle-même.

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Photo de peinture de Guy Denoel

Il en va de même dans la nature morte ci-contre, où une bougie éclaire quelques fruits et une bouteille dont l'ombre prend une dimension énorme sur la toile.

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Photo de peinture de Guy Denoel

1988 : Deuxième année à l'académie. Je suis toujours interpellé par les phénomènes provoqués par la couleur incidente, c'est à dire la source lumineuse et son influence sur la couleur locale des objets. L'atelier où nous travaillons est éclairé par des rampes de tubes au néon, lumière froide, à tendance bleutée. Je réalise d'abord quelques natures mortes, les modèles étant disposés sur une table illuminée par cet éclairage. Les couleurs que je reproduis maintenant fidèlement donnent une couleur froide sur la toile comme l'image à droite l'illustre. Les bleus dominent, les jaunes verdissent, les rouges et les orangés virent au gris.

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Photo de peinture de Guy Denoel

Pour protéger mes natures mortes de la lumière de l'atelier, je les place dans une grande caisse en carton fermée. Une fenêtre découpée sur une face me permet de voir à l'intérieur. Je réalise plusieurs toiles en utilisant divers éclairages internes : Bougie, Lampe à Pétrole, Ampoule electrique a incandescence. Le résultat est très intéressant, les couleurs varient énormément suivant la source lumineuse, les toiles l'expriment très bien. Mais c'était sans compter sur la lumière des sus-dits tubes au néon éclairant les couleurs que j'appliquais sur la toile. Il m'arriva ainsi de chercher pendant plusieurs jours un rouge clair introuvable malgré l'achat de tubes de peinture de diverses marques. Désespéré, un jour par hasard, je dirigeai le faisceau d'un spot électrique sur la toile que je peignais : Le rouge recherché était bien là, la lumière bleutée et monochrome de l'éclairage fluorescent grisait simplement les teintes chaudes.

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Photo de peinture de Guy Denoel

J'ai appris ainsi à adapter ma palette, et surtout, ma vision intérieure suivant les éclairages divers. Ces expériences coloristes, sont accompagnées d'autres recherches qui m'intéressaient. Ainsi, j'utilisai des miroirs derrière ou sous les natures mortes. Ceux-ci étaient très riches en effets étranges, le renversement des directions horizontales par exemple ou encore l'apparition dans la toile d'autres objets hors de mon champ visuel, objets reflétés par les miroirs. Vous trouverez ci-contre une telle toile.
J'abandonnai aussi quelque temps la peinture à l'huile pour expérimenter le pastel sec ainsi que le gras. La représentation de lampe à pétrole à droite de ce texte est un souvenir de cette époque.

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Photo de peinture de Guy Denoel

1989 : La troisieme annee debute, toujours en horaire lourd, c.a.d. 4 soirees par semaine de 18 à 21h00. Les cours sont principalement du travail en atelier, une fois semaine un cours d'Histoire de l'Art.
Je commence à maîtriser suffisamment la couleur pour pouvoir me passer d'un support coloré. J'utilise donc des objets gris ou monochromes et je transforme les ombres et lumières en couleurs qui me sont propres. Ici à droite, j'ai planté dans du sable des pierres de silex aux formes étranges récoltées au pied des falaises de Normandie. Des formes humanoïdes, animalesques, oniriques surgissent, encore amplifiées par les teintes surgies de mon imagination. Le malaise social, politique, qui règne m'amène à projeter sur ces pierres mes propres ressentis. Un peu de sable et une poignée de cailloux deviennent un paysage de cauchemar où un simulacre d'humanité enlisée dans un désert est écrasée par un ciel d'où plus rien ne viendra. Cette toile est intitulée Les Enfants de la Nuit .

Photo de peinture de Guy Denoel

Dans le même élan, je réalise quelques toiles du même acabit. Ainsi, un jour de brocante, je tombe en arrêt devant une poupée. Je me demande alors ce qu'un jouet symbolisant l'innocence de l'enfant penserait de nous et de notre comportement d'adulte s'il pouvait nous voir. J'achète quelques poupées et réalise la toile ci-jointe: Les Témoins

Photo de peinture de Guy Denoel

Un divorce récent, une vie sentimentale assez mouvementée perturbent ma vision du couple à cette époque. Toujours dans une verve mi-expressionniste, mi-surréaliste, j'entreprends une série de toiles qui reflètent mon état d'esprit à ce sujet. C'est ainsi qu'est née cette toile, où deux mains se combattent, intitulée Home Sweet Home.

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1990 :Quatrième et dernière année du cycle secondaire supérieur. Cette année est normalement consacrée à l'étude du corps humain. En matière de peinture, l'Académie Royale des Beaux-Arts de Liège est réputée pour la liberté d'expression laissée aux étudiants. Nous avons toute latitude pour traiter le sujet comme cela nous convient. Chaque soir un modèle nu pose au milieu de l'atelier. Très souvent il s'agit de filles au physique parfait. Dommage ! La beauté tendant vers la perfection m'inspire peu; du moins quand il s'agit de mon travail de peintre. Je préfère de loin des individus, hommes ou femmes, très caractérisés. Les défauts donnent un charme au modèle, qui en devient moins insipide. La laideur, donne une identité. Certains peintres modernes l'ont très bien compris, je prendrai pour exemples parmi tant d'autres, Lautrec, Soutine, Dix, Van Dongen.... Je n'accroche pas trop à la peinture anatomique et je me tourne plutôt vers le portrait traité de façon expressioniste tel ce Portrait de Jeune Fille à droite un peu plus haut.

Photo de peinture de Guy Denoel

Mais les modèles vivants m'attirent peu, et j'en reviens à l'étude de la maquette humaine en bois, sur qui je peux transposer les modèles humains tels que je les pressens. J'entreprends donc une série de toiles, certaines, assemblées, formeront le quadriptyque à droite, qui sera intitulé Ecce Homo .

Photo de peinture de Guy Denoel

Pour illustration, ci-contre un détail de cette oeuvre : une toile seule.

Peu apres la nouvelle annee, commence alors une periode de vaches maigres qui durera un an. Toute source d'inspiration cesse. J'ai l'impression de ne plus rabacher que du déja vecu. Je dois me forcer pour repartir chaque jour pour une longue soirée qui la plupart du temps se passera à traîner près de l'un et l'autre. La cinquième année qui se profile, est la première des 3 ans de l'Enseignement Supérieur. Il me faut abandonner les chemins battus pour me découvrir moi-même et prendre enfin mon propre chemin. Je doute de jamais y arriver...

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Photo de peinture de Guy Denoel

1991 : Le jury national, qui décide en fin de cycle, m'a laissé accéder à la cinquième année, première des trois qui forment l'Enseignement Supérieur : J'avais accumulé pas mal de toiles assez bonnes lors du premier trimestre.

L'inhibition que je ressens depuis le début de cette année civile est toujours bien présente. J'ai eu grand peine à venir me réinscrire, 5 années où toutes mes soirées ont été consacrées à la recherche de la peinture, 5 années de ma vie sacrifiées pour rien me semble t'il... C'est dans cet état d'esprit que le premier trimestre se déroule. Si je continue à rejoindre l'atelier chaque soir, en pratique, je ne fais que m'y promener.

Photo de peinture de Guy Denoel

Les cours d'histoire de l'art ont repris avec le professeur du Supérieur. Cet enseignement m'est très agréable, l'homme est un grand pédagogue et sait parfaitement faire passer les messages.

Un soir de janvier 1992, à la mi-année scolaire, l'oeuvre de Nicolas de Stael est abordée. Immédiatemment je suis soulevé d'enthousiasme par son travail, et aussitôt je m'attache à la réalisation d'une toile conforme à la démarche de l'abstraction paysagiste.
Ce sera la seule ! Réalisée à l'aide de peinture acrylique, il me vient à l'idée dès le début de la suivante de retravailler sur l'acrylique des couleurs complémentaires, avec l'huile posée au couteau.

Ma démarche actuelle a pris forme. Voici la toile charnière, j'ai trouvé l'ébauche de mon chemin.

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1992 :Sixième année. Mon nouveau style amène bien des polémiques chez les jeunes professeurs. Heureusement, je suis conforté dans ma démarche par mon vieux maître du Supérieur qui estime que j'aborde un style nouveau. Bien que rien ne démontre qu'il ne se terminera pas en cul de sac ou dans un marécage, il vaut la peine d'être entrepris.

Je suis rassuré par les vives réactions que ma nouvelle peinture suscite. J'ai mes partisans et mes détracteurs. Je suis donc pionnier en la matière, mais où aboutirai-je ?
Peu m'importe, je réalise toiles après toiles, affinant peu à peu mon travail.
Les opposants à cette démarche objectent principalement qu'il s'agit là de décoratif, adjectif peu apprécié dans le milieu contestataire de l'académie. Mais si l'Art n'est pas que beauté, faut-il rejeter cette dernière ?

Photo de peinture de Guy Denoel

Cela me semble absurde, je continue donc malgré un stupide accident dont les séquelles se font toujours sentir à présent. Bien que je doive m'absenter quelques mois suite à mes blessures, la peinture contribue à me donner un mince espoir pour l'avenir.

Les toits m'attirent beaucoup, j'aime les perspectives étranges qu'ils apportent au dessin. De plus, ils offrent de splendides surfaces pour jouer avec les couleurs.

Photo de peinture de Guy Denoel

Bien que je m'en defende, et que les coloris de mes toiles n'en laissent rien paraitre, je suis fort influence par la Provence, la forme des maisons, les couleurs chaudes des villages. Sur la Place est une de ces premières toiles, le nom inspiré par une chanson de Jacques Brel.... à la poésie si expressionniste que les lieux évoqués apparaissent dans la musique.

Le Nord n'est pas en reste quant aux paysages fantastiques. La rouille des vieilles usines ou la silhouette menaçante des Centrales Electriques Nucléaires du Val Mosan me permettent de développer peu à peu mon style personnel.

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1993 : Septième et dernière année d'étude à L'Académie Royale des Beaux-Arts de Liège. Sept années de ma vie se sont passées ici chaque soirée en semaine. Je suis maintenant en net désaccord avec le jeune professeur qui a remplacé l'ancien, parti en retraite. Je suis toutefois résolu à poursuivre mon travail.

Pour nous faciliter la vie à tous deux, j'ai quitté l'atelier occupé par les étudiants de dernière année pour rejoindre celui de première. Après quelques mois, cette classe se vide en effet d'une foule d'individus découragés par les longues soirées passées loin du domicile, et par la perspective des nombreuses années pour parvenir à la fin des études.

Photo de peinture de Guy Denoel

J'y poursuivrai dorénavant mes recherches à travers mes sujets favoris : Villages Campagnards , toile réalisée en gris colorés, les cités urbaines et les entrelacs de toitures tel l'Envol , où la couleur pure domine ou encore les ensembles architecturaux avec le Pont près de la Frontière ci-contre, prétexte à un mélange de couleurs pures et gris colorés.

 

Photo de peinture de Guy Denoel

Le cycle s'achèvera en juin 1994 quand le Jury National me délivrera le diplôme de l'Enseignement Supérieur de L'Académie Royale des Beaux-Arts de Liège.

 

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Updated - Mise à jour 13 avril 2014