Retour à la page d'accueil.

Guy DENOEL

 

Quelques Propos sur l'Art

 

Je n'ai pas la prétention d'écrire un nouvel ouvrage concernant l'Histoire de l'Art, sujet déjà tellement traité. Mais, si l'Art est accessible à tout le monde, c'est aussi une matière dont on parle beaucoup dans notre société tout en la connaissant bien peu.

Comment parler d'une notion aussi étendue sans disposer d'une définition qui nous permettra de nous entendre ?
Il m'est malheureusement impossible de reproduire ici les définitions reprises dans les différents dictionnaires : Je serais foudroyé par les lois traitant du copyright... Je vous laisse donc le soin de vérifier vous-mêmes dans vos propres ouvrages. Je pourrai néanmoins vous donner un petit aperçu pêché au hasard des dictionnaires de ce que vous y trouverez :

Habileté à créer. ( ? )
Règles à observer dans une discipline - préceptes - spécialistes ( ? )
Travail désintéressé et idéalisation de la beauté - recherche de l'esthétique ( ? )
Disciplines consacrées à l'harmonie...... ( ? )

Les définitions que j'ai trouvées dans la quasi totalité des dictionnaires, utilisent les termes : Création, aptitude, habileté, règles, discipline, préceptes, expression de la beauté, de l'esthétique, le beau.......En quelques mots, presque tout ce que l'art n'est pas, à l'exception du décoratif, qui n'est qu'une déclinaison partielle de la notion artistique.

Ce faisant, ces définitions dénient ainsi toute valeur artistique aux Vénus néolitiques et plus près de nous au Christ en croix de Dürer, peinture particulièrement horrible et repoussante, quand ce n'est aux personnages étirés du Gréco ou aux portraits déformés d'un Modigliani. Les flous d'un Turner et les visages grimaçants de Lautrec sont bien éloignés de la conception d'une beauté qui se prévaudrait d'une Esthétique Universelle. Balayées aussi de l'art les oeuvres telles que, le Cri de Munch, les masques d'Ensor, le cubisme de Picasso et que dire des toiles sanglantes de Soutine, Dix, Kirchner... ainsi que... de la publicité graphique, musicale, cinématographique, qu'elle soit politique, commerciale, guerrière, nationaliste ou humaniste...

Nier une oeuvre sous prétexte qu'elle a une fonction décorative serait absurde, mais lui imposer une telle finalité serait tout autant dogmatique que grotesque. L'art est bien plus: Il est révolte sur une affiche, répression sur un édit collé au mur, orgueil en statuaire belliqueuse, manipulation dans l'exaltation d'un travail, d'une guerre, d'une idéologie; désespérance dans un regard fixé par une pellicule, sanglots dans les graffitis d'un cachot, invitation à la consommation dans un supermarché, un magazine ... Il est joie et souffrance espoir et résignation, beauté et horreur, mais également matérialisme, manipulation et appât pour nos instincts les plus communs !

Qu'il soit plastique, musical, poétique, qu'il soit divin, impressionniste, expressionniste, matérialiste, intuitif, symboliste, surréaliste, onirique ou encore naïf, l'art est en fait tout ce qu'on ne peut ou n'ose exprimer par le langage des mots de tous les jours.

Apprenons-nous à peindre, à dessiner, à sculpter, à écrire des vers, des textes, de la musique ? Toute création exige une participation de l'individu autrement il s'agit tout bêtement de copie. Nous utilisons certes des techniques et celles-ci sont utiles sans aucun doute, bien que leur transgression puissent affirmer la liberté du créateur, mais la technique doit avant tout se plier à l'art et non le contraire. Tout comme les accords dissonnants font la beauté de certaines musiques, le non-respect des règles établies volontairement ignorées peut faire la singularité d'une oeuvre. Il ne faut pas pour autant que le manque de technique soit revendiqué pour affirmer la valeur artistique à des oeuvres, comme ce fut souvent le cas aux yeux de certains excentriques illuminés. Le mépris d'un Magritte dans sa "période vache", s'ingéniant à produire sciemment des oeuvres de mauvais goût qu'un certain public inconscient s'arrachait au prix fort est une excellente illustration des dérives du marché de l'art. Choisir un thème est une chose, le développer une autre, mais accrocher l'intérêt des spectateurs est encore bien plus difficile. Peut-être est-ce dans cette dernière prouesse que se situe le Génie.

Le don, quant à lui, n'est me semble-t'il que la prouesse de travailler durement et longtemps à un projet le laissant ainsi paraitre tellement naturel que tout semble facile au non initié.

Un mot peut-être au sujet du statut de l'artiste. Certains voudraient voir en lui un être exceptionnel, tantôt richissime, tantôt misérable. Une vision très réductrice de notre époque associe pauvreté et création artistique. Ce n'est pas le monde de la littérature et du spectacle qui contredira cette vision, l'artiste maudit fait toujours recette dans une fiction du dimanche après-midi. La réalité est bien différente, si la vie des artistes préhistoriques et du monde antique nous est inconnue, il n'en va pas de même des Maîtres occidentaux du 14ème siècle à nos jours. Ceux-ci exerçaient un métier, au même titre que leurs contemporains et les plus célèbres d'entres eux travaillaient sur commande de même façon qu'un entrepreneur le ferait de nos jours. Le mythe des artistes maudit est récent. Qui ne connait la misère d'un Van Gogh, les tourments d'un Toulouse Lautrec? Ce serait oublier que les impressionnistes sans nier du tout la valeur de leur travail, étaient tous suffisamment nantis pour n'avoir eu aucun besoin de gagner leur pitance, même si les toiles de plus d'uns ne furent connues qu'après leur mort. Van Gogh vivait au crochet de son frère, un riche marchand de tableau, Lautrec était propriétaire terrien, Manet, Monet, Cézanne, Sisley, appartenaient à la bourgeoisie fortunée etc... C'est surtout dans la période d'instabilité précédant la première guerre que sont apparus les premiers artistes non liés à la population aisée. Principalement allemands et français, ceux-là seront écrasés ou décimés lors des conflits meurtriers des deux guerres dites mondiales.

La suite est la période d'instabilité débutant dans les années cinquante, ou la mondialisation galopante amènera les civilisations occidentales à placer leurs centres de gravité, de New York au Japon, en déplaçant ce centre de gravité à travers plusieurs capitales de la planète. Le monde de l'art a suivi, les artistes suivant principalement les tendances à une mode tout à fait imprévisible. En toute chose, l'artiste n'est jamais qu'un homme tout à fait commun, croisant ou non à un moment de sa vie le concept de l'art du moment.

Il me parait évident que l'artiste du présent, ayant une vision de l'instant décalée par rapport à sa civilisation, car vivant déjà dans un futur (Tout comme n'importe quel créateur, scientifique ou artistique), est l'inconnu dans le monde de l'art actuel.

dessin de fleche directionnelle

Où se situe la peinture de Guy Denoel ?

Bien difficile sinon impossible de répondre à cette question !

En restant dans notre culture occidentale, nous observons jusqu'aux environs de 1960, la succession de mouvements artistiques de plus ou moins grande ampleur. Ces mouvements apparaissent parfois isolés tels le roman, le gothique; parfois simultanés mais en opposition tels le baroque et le classicisme.

Dès la fin du XIXeme siècle, la cadence d'apparition de ces groupements d'artistes à la démarche similaire s'emballe. Impressionistes, Naïfs, Symbolistes, Nabis, Art Nouveau, Expressionistes, Fauvisme, Cubisme, Abstraction, Surréaliste, Cobra, Pop-Art, pour n'en citer que quelques uns apparaissent et disparaissent rapidement.

L'Art Moderne se termine à la moitié du XXeme siècle pour faire place à l'Art Contemporain. Celui-ci se caractérisera par l'individualisation de plus en plus nette de l'art. A côté de tendances, qui ne sont que redondances de mouvements apparus au début du siècle, la fin du deuxième millénaire voit de plus en plus d'artistes dont le style et la démarche ne peuvent plus être classés dans une école.

Notre période s'étend dans un malaise social, politique, humain d'une grande instabilité. Nombreux sont ceux qui ne trouvent plus de points de repères traditionnels. Dans un monde sans structures, les hommes sont déchirés entre diverses tendances. Les artistes n'échappent pas à ces combats intérieurs. Consciemment ou pas, ils les incorporent dans leurs oeuvres comme ils le firent de tous temps.

Cet équilibre individuel se retrouve sous forme d'un style personnel qui identifie aisément son auteur à travers chacune de ses oeuvres.

dessin de fleche directionnelle

Retour à la page d'accueil

Updated - Mise à jour 30 janvier 2014